Conservation Centre
Posté le 01.07.2007 par eleonoreliverpool
Ca c'est le labo installé dans l'exposition permanente. Quand on y travaille on ouvre les vitres pour que les visiteurs puissent poser leurs questions. En pratique ils osent pas trop nous déranger quand on est penchés sur le microscope ...
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Posté le 01.07.2007 par eleonoreliverpool
Nouvelle image du Conservation Centre, vu d'un peu plus loin que la dernière fois. Joli entrepôt en brique.
Au premier plan, échantillons assez représentatifs de la population locale.
Posté le 01.07.2007 par eleonoreliverpool
Un zoom sur le visage parce que je le trouve très expressif !
Posté le 01.07.2007 par eleonoreliverpool
La bonne nouvelle du jour c'est que j'ai réussi à réparer mon appareil photo, donc cet après-midi je suis allée me promener en ville et j'ai pris quelques images.
Le principal but de ma promenade en ville c'était d'aller saluer mon copain égyptien dans sa vitrine. La photo est pas géniale mais j'ai fait ce que j'ai pu à travers la vitre.
Niveau échelle le visage est beaucoup plus petit que d'autres plus connus (genre toutankhamon, des gens comme ça ...), il ne fait pas plus d'une dizaine de centimètres de hauteur. Il date d'entre 2500 et 2100 avant JC. Joli, non ?
Posté le 30.06.2007 par eleonoreliverpool
Voici une photo du conservation science studio (celui dans le bâtiment, pas celui dans l'exposition). C'est là que je fais les analyses IR et la préparation des échantillons.
Posté le 30.06.2007 par eleonoreliverpool
J'ai trouvé sur internet une photo du canoe cadadien dont j'ai parlé l'autre jour. Je n'exagère pas en disant qu'il est vraiment étroit ! C'est une pièce plutôt rare, parait-il ...
La dame que vous voyez sur la photo est la restauratrice qui va se charger des collections égyptiennes, on va donc être amenés à travailler beaucoup ensemble !
Posté le 30.06.2007 par eleonoreliverpool
Ca y est, j'ai commencé à travailler sur l'Egypte !
Comme prévu j'ai commencé par le masque funéraire. Je voudrais bien vous faire parvenir une photo mais je ne sais pas comment faire vu qu'il est encore exposé au public au World Museum et que je n'ai que des fragments. Si je trouve une solution pour mon appareil photo j'essaierai d'aller le photographier dans sa vitrine.
La mission pour ce masque c'est d'identifier les différents pigments et de regarder si la couche picturale a été recouverte d'autre chose ou non. J'ai essayé de regarder tous les petits bouts pour identifier toutes les couleurs, mais c'est pas facile, parfois c'est pas évident de savoir si deux couleurs sont différentes ou si l'une est simplement plus sale que l'autre.
Pour l'instant j'ai décidé de regarder 5 pigments différents, jeudi j'ai donc prélevé sous microscope des minuscules fragments de couche picturale (il faut pas trop l'abimer parce que les restaurateurs espèrent remettre les morceaux en place) et on a commencé hier à les examiner au microscope électronique. Siobhan m'a fait une petite formation, maintenant je peux m'en servir toute seule. Pas facile de repérer ces minuscules bouts de peinture au milieu du porte échantillon, ça peut prendre un temps fou de trouver l'image !
Les trois premières couleurs que j'ai regardée sont sans surprise : le bleu est du bleu égyptien (cuivre), le rouge est de l'ocre (fer) et le jaune est de l'orpiment (arsenic), ie les trois pigments les plus utilisés dans l'Egypte ancienne. Parfois il y a des mystères, par exemple dans le bleu on a trouvé un pic qui aurait pu être du plomb mais qui n'avait rien à faire là, et finalement on a fini par trouver qu'en fait c'était de l'arsenic, donc un peu de pollution du jaune voisin. Conclusion : bien réfléchir avant de conclure !
Hier soir on a commencé à préparer des cross-sections (j'imagine qu'en français on dit des coupes), ça consiste à emprisonner un échantillon dans un bloc de résine pour pouvoir en regarder la tranche au microscope et identifier les différentes couches.
Siobhan m'a prêté pleins de livres géniaux, par exemple une encyclopédie des pigments utilisés par les artistes avec toutes leurs caractéristiques physico-chimiques, les résultats pour toutes les méthodes d'analyse, et une liste d'oeuvres dans lesquels ils sont présents. Pratique !
Dans les jours qui viennent je vais faire un peu de spectroscopie IR sur les couches internes du masque (en gros y'a une couche de tissu enduit de résine, une couche de platre, une deuxième couche de tissu, une couche d'apprêt, et la couche picturale) et je vais m'occuper de rédiger un rapport sur le badge de suffragettes que Bénédicte a restauré. La spectroscopie infra-rouge a confirmé la présence d'acetate dans les fragments de corrosion, ce qui veut dire que le badge a mal réagi à ses conditions de stockage (enveloppé dans du tissu). A moi d'expliquer tout ça en anglais dans mon rapport !
Normalement les autres objets égyptiens arrivent lundi au centre. Dommage que je ne sois pas là pour les voir, lundi je suis convoquée à une journée de formation au siège du liverpool museums (journée très ennuyeuse en perspective ...)
Posté le 28.06.2007 par eleonoreliverpool
Apres quelques jours d'absence, voici qulelques nouvelles de mes activites au trravail. Si les deux premiers jours de la semaine ont ete plutot calmes (j'etais toute seule au labo) la journee d'hier a ete beaucoup plus amusante.
J'ai rencontre la restauratrice qui va s'occuper des pieces egyptiennes organiques (cartonnages, etc.). On a discute un peu savoir quelles analyses on allait faire. On va essayer de faire quelques petites etudes preliminaires et de preparer une mini-exposition sur le sujet pour que les visiteurs de l'exposition permanente sachent sur quoi on est en train de travailler.
Les objets sont stockes dans un batiment pas tres loin du centre dont une visite etait prevue hier matin, mais elle a ete annulee ! Je vais essayer de demander si je peux y aller par moi-meme histoire de voir les objets pour de bon.
Pour l'instant ici on a recupere des fragments de cartonnage provenant d'un masque funeraire, aujourd'hui normalement on va commencer a les regarder de plus pres.
En attendant cette restauratrice travaille sur un canoe en bois construit par des canadiens au debut du XIXeme (une dizaine de metres de long pour a peine 60 cm de large ! Comment faisaient-il pour s'asseoir dedans ?), et ce canoe est recouvert d'une peau elle-meme enduite d'une matiere noiratre difficile a identifier. A premiere vue les restaurateurs pensent que la peau n'est pas d'origine et qu'elle a ete ajoutee plus tard par les anglais qui ont amene le canoe en Europe. Si c'est le cas la peau va etre retiree de l'objet pour lui rendre son aspect d'origine.
Le canoe appartient aujourd'hui a une sorte d'institut marin du nord de l'angleterre qui possede egalement une collection d'animaux empailles (crocodiles, baleines ...) recouverts eux aussi d'une matiere noire. Le conservation centre a reussi a recuperer quelques echantillons, et mon travail c'est de comparer ces echantillons avec ceux que j'ai preleves sur le canoe. Les spectres IR que j'ai obtenus sont tres similaires, maintenant il faudrait reussir a identifier le materiau plus precisemmemt.
C'est tres amusant comme travail ! Et puis travailler sur de vrais echantillons demande beaucoup plus d'attention et d'habilete ... j'ai passe des heures hier a decoller au scalpel sous microscope des minuscules morceaux de resine. Ca me plait beaucoup :)
Par ailleurs nous avons recupere les resultats du test des vitrines pour la nouvelle galerie de l'esclavage, qui se sont averes aussi mauvais que les deux fois precedentes (trop d'echanges entre l'air interieur et l'air exterieur). Siobhan a du retourner sur place pour expliquer au type que rien a faire, ses vitrines sont de mauvaise qualite, et pour essayer de voir s'il y avait une fuite quelque part. Evidemment lui il s'est enerve , a proteste, etc, etc, et au final il s'est avere qu'il avait simplement oublie pour chaque test de fermer correctement le bloc "eclairage" qui s'emboite au somment des vitrines.
Bilan : deplacements inutiles et heures de travail perdues ... Siobhan etait un peu enervee.
De maniere generale elle perd beaucoup de temps a gerer des problemes administratifs, a assister a des reunions ... avant que j'arrive le spectrographe IR n'avait pas servi depuis 3 ans ! C'est un peu dommage qu'un centre aussi bien equipe ne soit consacre qu'a faire fonctionner l'immense machine du liverpool museums. Ils ne publient rien, ne prennent pas le temps de creuser leur sujet, se contentent de nettoyer vite fait pour les expositions, ne participent jamais aux grands evenements internationaux, ne prennent pas d'etudiants en these ... et du coup ils ne se font pas du tout connaitre ! Il y aurait pourtant des choses passionnantes a etudier ici, notamment dans le domaine industriel. Ils ont des collections immenses d'objets industriels et techniques anciens qui ne servent a rien !
Benedicte vient d'ailleurs de terminer le nettoyage d'une tres jolie machine a coudre du debut du siecle. Elle aurait aime creuser un peu, la demonter, comprendre comment elle etait fait, etc. mais on lui a fait comprendre que le temps pressait !
Posté le 17.06.2007 par eleonoreliverpool
Ayant reçu ce matin de véhémentes plaintes quant à mon silence de ces deux derniers jours, je vais essayer de me rattraper.
Vendredi matin Siobhan et moi avons reçu une formation pour apprendre à utiliser le nouveau système de base de données du museums liverpool. C'est pas très compliqué, mais c'est bien mieux conçu qu'une base de données access ordinaire. Pour chaque objet enregistré on peut faire figurer une très grande quantité d'informations : bien sûr photo, description, date, dimensions ... mais aussi par exemple des infos sur tous les endroits où l'objet s'est trouvé (expos, etc.), sur les précédentes restaurations, la liste de tous les gens qui ont été en contact avec l'objet (artiste, conservateurs, restaurateurs, etc.) et tout un tas d'autres choses. C'est très pratique, mais bien évidemment comme le système vient d'être lancé la base de données est loin d'être complète !
Dans l'après-midi j'ai continué mes petites manip sur le spectrographe IR. On m'a fait signer des milliards de papiers garantissant que je suis consciente des risques inhérents à la manipulation de certains produits (acétone, acétate de cuivre ...), on m'a donné une blouse et un masque. Ceci étant, vu les doses manipulées et le temps d'exposition, ce n'est vraiment que pour le principe !
Siobhan m'a appris une nouvelle technique d'analyse IR qui donne souvent de bien meilleurs résultats, en gros il s'agit de broyer l'échantillon avec du bromure de potassium et d'écraser le tout suffisamment fort pour obtenir un film solide très fin.
Du coup j'ai passé mon après-midi à serrer des boulons avec des clés pour essayer d'obtenir un échantillon utilisable. Il m'a fallu plusieurs essais, mais j'ai fini par y arriver !
Je serai toute seule les trois premiers jours de la semaine prochaine, mais j'ai de quoi m'occuper. Dans l'exposition permanente il y a des petites fiches avec des photos prises au microscope électronique et dessus il y a marqué "what am I ?", et au dos de la fiche il y a la photo de l'objet en taille réelle (moustique, cheveu ...) avec un petit commentaire. Apparemment les gens qui ont des problèmes de vue n'arrivent pas bien à lire les fiches, donc Siobhan m'a chargée de les refaire complètement. Comme il y en a une vingtaine, ça devrait m'occuper quelques heures.
Les échantillons égyptiens devraient arriver en fin de semaine prochaine, on va commencer par le sarcophage. J'ai hâte !
Je me suis familiarisée un peu avec l'organisation du centre et les gens qui y travaillent. Bénédicte me faisait remarquer qu'il y a des "stéréotypes" de restaurateurs assez identiques en France et ici. Par exemple, aux peintures, il n'y a que des petites minettes au look impeccable, alors qu'en métal (le secteur le moins "glamour" de la restauration, apparemment) c'est tout de suite beaucoup moins élégant. Quant au secteur organic & textiles (qui tourne beaucoup autour de l'ethnographie, genre quai branly), on y trouve des gens beaucoup plus "bizarres". Au conservation centre, ce sont clairement les plus excentriques et les moins sympathiques. Il y en a une, une certaine Vivien, on dirait qu'elle s'habille avec les tissus qu'elle restaure. Elle se promène toujours pieds nus, y compris pendant les repas, et elle ne dit jamais bonjour ...
J'essaierai un de ces jours d'aller me promener dans les ateliers pour voir un peu sur quoi ils travaillent. L'attraction du moment apparemment c'est une commande de l'aéroport de Liverpool qui veut une maquette en lego (enfin non, pas en lego, mais en ancêtre du lego, je saurais plus dire comment ça s'appelle) de l'ancien aéroport. L'atelier de modélisme s'y consacre à plein temps. Comme quoi l'activité du centre est vraiment très vaste ...
Pour ceux qui viendront me rendre visite, j'essaierai de vous inscrire dans une visite guidée, il y en a régulièrement.
Posté le 14.06.2007 par eleonoreliverpool
Grande journée aujourd'hui : premières analyses en public et premiers spectres IR toute seule !
Ce matin Bénédicte Siobhan et moi avons regardé au microscope électronique des morceaux de corrosion prélevés sur un badge de suffragette de 1910. On a trouvé des traces de nickel, ce qui avait l'air de réjouir Bénédicte, mais je ne saurais pas dire pourquoi. Pour ma part j'ai essayé essentiellement de comprendre comment manipuler le microscope, il va me falloir du temps pour y arriver toute seule !
On a pas eu beaucoup de public, juste une horde de scolaires plus occupés à appuyer sur tous les boutons de l'expo qu'à nous regarder travailler !
Cet après-midi j'ai manipulé le spectrographe IR toute seule, j'ai enregistré des spectres de diverses résines. Bon, ok, ça m'a pris environ deux fois plus de temps que Siobhan pour préparer mes échantillons. Mais c'est un début ! Mes spectres étaient réussis, on reconnaissait bien de quoi il s'agissait.
J'ai eu droit également à une mini-formation sur le thème "comment utiliser un scalpel". Apparemment c'est obligatoire de passer par cette formation, même si dans la pratique chacun a une manière bien à lui de changer la lame, pas forcément réglementaire ! Mais comme ce sont de vrais scalpels de chirurgie, le danger c'est de se couper très profondément sans forcément s'en rendre compte ... personnellement je préfère rester à bonne distance de ce genre d'instruments !
Je suis vraiment ravie de commencer à manipuler concrètement, même si c'est un peu frustrant de se dire que j'ai encore des milliards de choses à apprendre ! Pour l'instant tout ce que je maitrise, c'est la théorie derrière les appareils de mesure. Maintenant il s'agit de savoir en pratique comment les utiliser, repérer les problèmes récurrents, connaitre les meilleurs réglages, savoir analyser les résultats rapidement ... et ça ça demande des années d'expérience !
Siobhan m'a proposé d'aller assister pendant la dernière semaine de mon stage à un cours qui a lieu à Genève sur le thème conservation sciences. C'est organisé et financé par COST, sorte d'organisation scientifique internationale. Le programme détaillé n'est pas encore disponible, mais ça mérite que j'y réfléchisse !