Super journée au travail aujourd'hui !
On a enfin reçu les objets égyptiens à analyser, soigneusement emballés dans une grande boîte en bois. Il y a trois magnifiques morceaux de sarcophage peints (à priori issus de trois sarchopages différents) datant probablement d'aux alentours de 2000 av JC, avec de très jolies couleurs encore très vives et des inscriptions hiéroglyphiques bien lisibles (argl, pourquoi ne parlé-je pas l'égyptien couramment ?), et une collection splendide d'ushabtis. Les ushabtis sont ces petites statuettes que l'on place dans la tombe des défunts et qui sont chargées de veiller au bon déroulement du passage dans l'au-delà. (la photo que j'ai trouvée sur Internet ressemble assez à ceux que j'ai à analyser, demain je photographierai les miens, promis).
Il y en a 8, en pierre (on va demander à un géologue de nous éclairer de ce côté là), recouverts par endroit de splendides couleurs verte et orange à l'aspect cireux. Certains sont en meilleur état que d'autre, les dessins du visage et du costume sont encore très nets et la couleur verte est vraiment très très belle.
Ma première mission c'est de les photographier sous toutes les coutures, au microscope et à l'oeil nu, et de bien cerner ce qu'on va analyser et ce qu'on espère trouver. Ensuite il faudra prendre des échantillons, procéder aux analyses, faire des recherches bibliographies ... ça n'a pas l'air comme ça mais c'est un vaste projet !
Pour l'instant on les a rangés dans des petites boites en plastique, imaginez l'angoisse quand il s'agit de les transporter dans le labo en bas (7 portes à ouvrir sur le chemin ...). J'ai tellement peur de les abimer ! C'est quand même fou la confiance qu'ils m'accordent alors qu'ils me connaissent à peine ...
Niveau canoé j'ai donné mes conclusions à la restauratrice qui était ravie. Reste à rédiger le rapport d'analyse ...
Niveau badge j'ai passé ma matinée à faire des recherches pour essayer de comprendre le phénomène de corrosion du métal par les vapeurs acides dégagées par le bois. En gros le problème de ce badge c'est qu'il était fixé sur un support en bois recouvert de tissu absorbant fortement l'humidité. Du coup le mélange acides carboxyliques + humidité + cuivre, ça fait la corrosion verte que j'ai observée au microscope ... là encore,y'a du boulot pour écrire le rapport.
Niveau test des vitrines pour la nouvelle galerie de l'esclavage, c'est encore pire que la dernière fois. La dernière vitrine qu'on a testée, destinée à recevoir des objets très fragiles, devrait avoir un taux d'échange d'air de 0.25. On est à 7 ! C'est simple, la vitrine était à peine fermée que tout le gaz placé à l'intérieur s'était déjà échappé. Il y a d'autres mystères, sur un autre test on a un bien meilleur taux entre minuit et 9h du matin. On a supposé que ça correspondait aux heures d'extinction des lumières, mais apparemment ce n'est pas le cas ... mystère mystère. Siobhan m'a appris à récupérer les données des détecteurs pour que je puisse m'en occuper les jours où elle n'est pas là.
Beaucoup de travail en perspective donc, entre la rédaction des rapports, la préparation d'un petit topo sur les collections égyptiennes pour l'expo, les photos, la suite des analyses sur le masque funéraire, les prélèvements, les analyses, les recherches ... Tout un programme !