Je me met un peu tard à la rédaction de mon compte-rendu quotidien, parce que je viens tout juste de rentrer à la maison.
A la sortie du travail Rachel (vous savez, la céramiste qui part au british museum), Victoria, Bénédicte et moi sommes allées dans un café pour une séance "coffee and cake". Le gâteau aux carottes que j'ai avalé ne m'a pas fait changer d'avis sur la pâtisserie anglaise ... beaucoup trop sucré et beaucoup trop riche ! J'ai du mal à comprendre la logique des restaurants ici : l'endroit où nous sommes allées (adorable d'ailleurs) fait à la fois salon de thé et à la fois marchand de plat cuisinés d'inspiration plutôt indienne. Donc pendant qu'on mangeait nos gâteaux, nos voisins de table en étaient au poulet tandoori ... Il faut dire que les repas anglais sont un peu fourre-tout : les gens commandent pleins de trucs différents et mangent tout en même temps !
Ensuite je suis restée discuter une grosse heure avec Bénédicte, puis j'ai discuté avec Penny en rentrant à la maison. Rien à voir avec mon premier week end ici où je n'avais personne à qui parler !
Niveau travail, vous allez encore être déçus, je n'ai rien d'extraordinaire à raconter ! Cet après-midi j'ai accompagné Siobhan au maritime museum pour procéder à des mesures de température, d'humidité et de CO2 dans les vitrines de la future galerie sur l'esclavage. Nous irons récupérer les capteurs lundi, et je pourrais m'occuper d'analyser les données obtenues. La galerie doit ouvrir fin août pour le bicentenaire de l'abolition de l'esclavage en Angleterre (le commerce des esclaves a été une activité importante du port de Liverpool), elle n'est pas encore terminée ! C'est très amusant de se promener dans une galerie en travaux, j'ai essayé de comprendre la logique du truc, de deviner quelle salle est destinée à quels objets ... En tout cas c'est impressionnant de voir l'ampleur des travaux à réaliser, on ne se rend pas toujours compte du travail de réflexion et de réalisation derrière un musée !
Le museum liverpool est très dynamique et gère en ce moment un très grand nombre de projets différents (nouvelles galeries, expositions, évènements, etc.), le problème c'est que le conservation centre ne peut pas suivre ! Bénédicte m'a expliqué que depuis qu'elle est là elle enchaine les objets sans avoir le temps de bien réfléchir à la restauration adéquate et de faire des diagnostics soignés. L'urgence est telle que les conservateurs suggèrent de ne nettoyer et restaurer que les parties qui seront visibles dans les expositions ! Ca fait peut-être gagner du temps, mais ça ne permet pas de stabiliser l'objet et de le conserver correctement par la suite. L'année prochaine ils veulent s'attaquer à la galerie égyptienne, qui est dans un état lamentable. Les objets sont tous collés à leur support (donc au moins 2h de nettoyage pour chaque objet), certains sont même carrément cloués au mur (la galerie date des années 50 ...). Je crois qu'ils prévoient d'embaucher quelqu'un pour 6 mois spécialement pour ça ...
J'ai demandé d'où venait les financements pour mener à bien tout ces projets : en Angleterre c'est traditionnellement la loterie qui finance les musées et la culture ! (60 millions de pounds fournis par la loterie pour financer liverpool capitale de la culture en 2008 !) On devrait peut-être suggérer à la française des jeux de faire pareil :)
Siobhan m'a confié quelques échantillons à analyser, des bouts de canoé, des bouts de corrosion, de minuscules échantillons de pigments d'un dessin dont on aimerait savoir si c'est du zinc ou non. Je pourrai m'en occuper demain pendant qu'elle est à Londres.
Normalement la semaine prochaine on commence l'égypte pour de bon ! En attendant je m'occupe comme je peux ...